Tout savoir sur les conservateurs dans les cosmétiques maison

Tout savoir sur les conservateurs dans les cosmétiques maison

Les conservateurs dans les cosmétiques maison sont l'objet de nombreuses questions : lesquels choisir, en quelle quantité ?

À quelle température conserver ses préparations ? Pendant combien de temps ? Y a t-il des risques ?

Dans cet article, nous essaierons de vous apporter un maximum d’éclairage afin de vous rendre incollables sur le sujet et de vous permettre de conserver vos tambouilles comme des pros !

Qu’est ce qu’un conservateur ?

Avant de choisir un conservateur, il est nécessaire de savoir de quoi il s’agit afin de mieux comprendre ce que l’on met dans nos préparations.

D’un point de vue scientifique, selon l’article 2 du Règlement CE n°1223/2009 du Parlement Européen et du Conseil du 30 novembre 2009 relatif aux produits cosmétiques, les agents conservateurs sont des “substances qui sont exclusivement ou principalement destinées à empêcher le développement de micro-organismes dans le produit cosmétique”.

En d’autres mots un peu plus simples, un conservateur a pour rôle de protéger le produit cosmétique de toute dégradation causée par des facteurs extérieurs : bactéries, oxygène, lumière, température…. Les conservateurs sont donc essentiels pour garantir la sécurité ou encore l’efficacité d’un produit cosmétique. 

Il est important de s’attarder sur la conservation de ses produits cosmétiques. En cas de mauvaise conservation, leur odeur, leur aspect et leurs propriétés risqueraient d’être dégradées. Celles-ci pourraient également provoquer des réactions allergiques ou des irritations... tout l’inverse de ce qu’on recherche !

On peut séparer les conservateurs en deux grandes catégories : les antibactériens/antifongiques et les antioxydants

1. Les conservateurs antibactériens et antifongiques

Les conservateurs antibactériens/antifongiques vont limiter le développement des bactéries indésirables : les micro-organismes. Les produits cosmétiques représentent un milieu de développement idéal pour les bactéries et peuvent donc êtres contaminés tout au long de leur vie.

Il est indispensable de suivre de bonnes pratiques de fabrication. A la maison comme en industrie, il est possible de produire un produit sain en suivant certaines règles toutes simples :

  • désinfecter avec de l’alcool à 70° tout le matériel et le plan de travail est impératif
  • se laver les mains
  • prélever les ingrédients à l’aide d’une spatule ou autre ustensile plutôt qu’avec les mains
  • utiliser de préférence des contenants hermétiques, opaques et en verre. La conservation au réfrigérateur est également préconisée pour certains cosmétiques.

Certains micro-organismes (bactéries) dont présents sur notre peau et servent à créer une barrière de protection contre les infections, c'est la flore cutanée. Certains conservateurs sont irritants, asséchants et détruisent cette flore. Bien choisir ses conservateurs dans les cosmétiques maison est donc essentiel.  

Pour repérer les bons conservateurs dans vos produits bios :

  • acide benzoïque (INCI : benzoïc acid)
  • acide sorbique (INCI : sorbic acid)
  • alcool benzylique, ou Cosgard (INCI : benzyl alcohol)
  • acide dehydroacetique, DHA ou Geogard (INCI : dehydroacetic acid)
  • sorbate de potassium (INCI : potassium sorbate)

2. Les antioxydants

Les antioxydants vont quant à eux protéger le produit cosmétique des agents physiques extérieurs qui pourraient modifier ses qualités organoleptiques (couleur, odeur et aspect).

Les antioxydants sont tout aussi essentiels que les anti-bactériens : ils protègent le produit cosmétique, et notamment les huiles qui le composent. La principale fonction pour les antioxydants est de protéger le produit cosmétique de l’oxydation, réaction provoquée par le contact avec l'oxygène (l'air). Si une huile est dégradée, on dit qu’elle est rance (et bonne pour la poubelle !). 

Concernant les antioxydants à éviter : 

  • BHT (hydroxytoluène butylé) : de nombreux doutes planent sur ce conservateur. A forte dose il pourrait être un perturbateur endocrinien, allergisant, sensibilisant et favoriser l’apparition de tumeurs.
  • BHA (hydroxyanisole butylé) : cancérigène (d’après le Centre International de Recherche sur le Cancer), allergisant et sensibilisant.

Certains ingrédients tels que les huiles végétales contiennent naturellement des agents antioxydants. Néanmoins, en général ils ne sont pas suffisants et il est nécessaire d’en rajouter afin d’obtenir une protection efficace du produit. 

Les deux principaux antioxydants utilisés sont la vitamine E (INCI Tocopherol ou Tocopheryl acetate), et l’extrait CO2 de Romarin (INCI Rosmarinus officinalis leaf extract).

Quelques conseils de conservation pour vos cosmétiques maison

Certaines indications peuvent être données en terme de durée de conservation. Tout cela reste cependant à évaluer au cas par cas plus précisément, la quantité d’eau détermine pour beaucoup la durée de conservation.

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Il est important que vous restiez attentif à la texture, à l’odeur et à la couleur de vos préparations. Si vous remarquez le moindre changement, ne prenez aucun risque et débarrassez-vous du produit. Il est également préférable pour cette raison de préparer vos tambouilles en petite quantité. 

La conservation de certaines huiles et beurres végétaux nécessite une plus grande attention car ils sont très sensibles à certains paramètres environnementaux : température, lumière, contact avec l’oxygène sont les principaux paramètres responsables de la dégradations des corps gras.

Quelques indications sur la sensibilité, les propriétés et la conservation de différentes huiles et beurres végétaux :

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- : peu voire pas sensible 

++ : sensible

+++ : très sensible 

 

Par principe de précaution, mieux vaut préserver les huiles dans un endroit frais (<25°C), à l’abri de la lumière et dans un contenant avec fermeture hermétique. 

Les huiles les plus sensibles (nigelle, pépin de raisin, chanvre) doivent être impérativement maintenues dans un endroit frais (le réfrigérateur étant la meilleure option), dans un flacon hermétique à l’abri de la lumière. Elle se conservent pendant 6 à 8 mois après ouverture.

Petit conseil : ajoutez de la vitamine E à vos huiles sensibles dès l’ouverture, cela permet d’éviter toute oxydation! 

 

Les phases aqueuse et huileuse : quel conservateur choisir dans les cosmétiques maison ?

De manière générale, deux parties différentes composent un produit cosmétique, on les appelle des phases : la phase aqueuse et la phase huileuse. N’étant pas composées de la même manière, les phases aqueuses et huileuses nécessitent des conservateurs différents

1. La phase aqueuse

La phase aqueuse constitue en général la majeure partie des préparations cosmétiques : entre 60 et 80%, puisqu’il s’agit de la partie “hydratante”

La phase aqueuse est celle nécessitant le plus l’intervention des conservateurs. En effet, l’eau entre 10°C et 65°C est un milieu favorisant le développement des bactéries et des microbes et il s’agit la plupart du temps de la température que l’on retrouve dans la salle de bain. Précisons également que l’on se sert souvent de ses doigts pour utiliser sa préparation, et que ceux-ci représentent une grande source de contamination.

Afin de bien conserver sa phase aqueuse, on conseillera d’ajouter un conservateur “clean” comme le Cosgard ou l’Alcool Benzylique. Ce dernier, bien que d’origine synthétique, est l’un des rares acceptés en bio. Il s’agit d’un antibactérien et antimicrobien à large spectre. 

Pour une efficacité optimale, le conservateur doit représenter 0,6% à 1% du poids total de votre phase aqueuse, à ajouter à froid en fin de préparation et bien mélanger. 

 

2. La phase huileuse

Présente en quantité moins importante que la phase aqueuse dans les préparations cosmétiques, la phase huile représente ce qu’on appelle la partie “nourrissante”. 

Les conservateurs permettent d’éviter que l’huile s’oxyde et ne devienne rance. Certaines huiles subissent ces transformations plus rapidement que d’autre car elles ne contiennent pas ou très peu de vitamine E, un antioxydant puissant. 

Il est donc plus que conseillé d’utiliser de la vitamine E en complément dans ses préparations afin de protéger les huiles et les beurres végétaux utilisés du rancissement. La vitamine E agit également comme un actif anti-âge pour la peau et comme soin après-soleil. 

Le dosage à respecter est de 0,3% du poids total des huiles en tant que conservateur. Et jusqu’à 0,5% du poids total de la préparation en tant qu’actif anti-âge.

 

Bonus : 6 conservateurs néfastes à éviter !

  • Les parabènes : faciles à repérer dans les listes d’ingrédients, ils sont à éviter ! Certains d’entre eux sont désormais considérés comme très nocifs et sont donc interdits depuis 2014. Cependant, le propylparaben et butylparaben sont interdits aux enfants de moins de 3 ans mais continuent d’être commercialisés.
  • Le phénoxyéthanol : toxique pour le sang et le foie, il est réglementé et ainsi limité à une concentration de 1%.
  • Les méthylisothiazolinone (MIT) et méthylchloroisothiazolinone (MCIT) : fortement irritants et allergisants
  • Libérateurs de formol et formaldéhyde : substances qui au contact de l’eau libèrent du formol ou formaldéhyde qui sont des substances cancérigènes et de puissants allergènes. Ils se prénoment : DMDM hydantoin, Diazolidinyl ureal, Imidazolidinyl urea, Methenamine, Chlorphenesin, Quaternium-15, Quaternium 18, Polyquaternium 10.
  • Triclosan : conservateur antibactérien, un doute est émis quant à son pouvoir en tant que perturbateur endocrinien. De plus, il est soupçonné d’augmenter la résistances de certaines bactéries aux antibiotiques.
  • Les composés organo-halogénés : ce sont des molécules allergisantes, qui peuvent pénétrer et atteindre les tissus de la peau pour provoquer des lésions. Ils sont : le triclosan, la méthylisothiazolinone, la méthylchloroisothiazolinone,  le chlorphenesin, le chloroxylénol, et le butylcarbamate d’iodopropynyle

 

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